Le samoussa au four ne rend pas ce que donne la friture

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Le samoussa au four a rempli ma cuisine d’une odeur de brick chaude, juste après mon passage au marché de Talensac, à Nantes, avant de rentrer par la place Royale. J’ai posé la première plaque sur le plan de travail, et j’ai senti tout de suite la différence avec la friture. J’ai coupé ma fournée en deux pour comparer sans tricher.

Je suis partie d’une farce au poulet épicé, bien réduite, puis j’ai monté vingt triangles identiques. J’ai appris à regarder autant la pâte que la garniture, alors j’ai noté chaque geste. J’ai aussi gardé mes deux enfants dans le coin de la cuisine, parce que je voulais voir si la plaque tiendrait la cadence du quotidien.

Comment j’ai procédé pour tester les deux cuissons dans ma cuisine un samedi midi

J’ai préparé un poulet haché avec oignon, ail, curry doux, piment et coriandre, puis j’ai laissé la farce refroidir. J’ai pris soin de la sécher un peu, parce qu’une garniture trop tiède ramollit la feuille de brick dès le montage. J’ai monté vingt samoussas de la même taille, en tassant juste assez pour fermer proprement sans faire éclater la pointe.

J’ai installé une plaque avec papier cuisson, puis j’ai badigeonné les deux faces avec 2 cuillères à soupe d’huile pour toute la plaque. J’ai enfourné à 210 °C pendant 15 minutes, avec un retournement à 7 minutes 30. En face, ma friteuse électrique est restée à 180 °C, et chaque samoussa y a pris 4 minutes de cuisson.

Je voulais surtout mesurer la couleur, le croquant, la tenue de la pâte et la bouche au premier croc. Le dessous m’intéressait plus que le dessus, parce que c’est là que le four triche le plus. J’ai noté aussi ce qui arrivait après 5 minutes, puis après 10 minutes sur l’assiette.

J’ai appris à surveiller les petits ratés avant qu’ils ne deviennent visibles. J’ai donc regardé la vapeur au montage, la soudure, la réaction de Maillard sur les arêtes et la façon dont les coins prenaient couleur. J’ai aussi testé deux finitions, une fois sur la plaque pleine, une fois sur une grille.

Ce que j’ai observé en cuisinant et en goûtant les samoussas

Au four, j’ai vu le dessus dorer vite, avec de petites cloques sur la brick. Les arêtes ont bruni avant le cœur du dessous, et j’ai repéré une petite zone translucide autour de la farce sur deux pièces. Le dessous restait mat et souple, presque satiné, malgré l’huile.

Dans la friture, la coque s’est tendue d’un seul coup. Le dessous est devenu doré en même temps que le dessus, et la pâte a craqué sous la dent sans s’écraser. J’ai trouvé la tenue plus nette, avec une surface uniforme et une farce mieux prise.

À chaud, la version four m’a paru honnête, mais le croquant a chuté très vite. Après 5 minutes sur l’assiette, la base avait déjà perdu sa sécheresse, alors que la friture gardait son petit crac. J’ai senti plus de gras dans le bain, mais ce gras-là restait plaisant.

J’ai été frappée par un détail précis. Quand j’ai retourné la plaque, le dessous restait encore clair, presque mou, alors que le dessus était déjà bien doré. J’ai compris à ce moment-là que la couleur ne disait pas toute la vérité.

J’ai aussi vu que la plaque pleine gardait la vapeur sous les triangles. Sans grille dessous, la base respirait mal, et le papier cuisson gardait une humidité fine au contact. Quand j’ai posé quelques samoussas sur la grille, j’ai gagné un peu de tenue, mais pas la coque de la friture.

Le jour où j’ai compris que la cuisson au four ne pouvait pas remplacer la friture pour les samoussas

Le basculement est venu au moment où j’ai tourné un samoussa entre mes doigts et découvert un dessous blond, presque mou. J’ai été frappée par ce contraste, parce que le dessus promettait autre chose. Je me suis retrouvée devant un vrai faux ami de cuisson, joli en surface, plus timide dessous.

J’ai ensuite déplacé trois triangles sur une grille, juste pour voir si la vapeur partirait mieux. J’ai gagné un dessous un peu plus sec, mais pas la coque cassante que j’attendais. La plaque pleine restait le point faible, et je l’ai vu tout de suite au toucher, pas seulement à l’œil.

J’ai aussi monté une petite série avec la farce encore chaude, et là j’ai payé l’erreur dès le départ. Sur deux pièces, j’avais trop rempli le triangle, la pointe s’est ouverte, puis la soudure s’est mise à fuir. La base est devenue souple avant la fin de cuisson, et la pâte a pris l’humidité comme une éponge.

J’ai fini par comprendre qu’une farce mal égouttée change tout. Même réduite, elle envoie assez de vapeur pour ramollir la feuille de brick pendant et après la cuisson. J’ai aussi vu le même effet quand je n’ai pas retourné assez tôt, avec une face claire et un samoussa qui s’affaisse d’un côté.

Mon verdict sur le samoussa au four, pour qui et dans quelles conditions ça peut marcher

J’ai gardé la version four pour les soirs où je veux sortir une grande plaque d’un coup, sans odeur de friture ni bain d’huile à surveiller. Avec mes deux enfants, cette rapidité m’a servi pour un apéro du mercredi, parce que j’ai pu poser tous les triangles en même temps. La bouchée paraît aussi plus légère, et je peux en prendre deux sans avoir les doigts gras.

J’ai appris à ne pas confondre doré et croustillant, et ce test l’a confirmé. Chez moi, le dessous reste mou dès que je laisse attendre plus de 5 minutes, et la pâte finit friable au lieu de claquer. Je ne sais pas si un autre four me donnerait la même chose, mais le mien ne corrige pas ce défaut.

Je ne garde pas le four quand je veux un samoussa traditionnel, avec un dessous net et une coque qui tient jusqu’au repas assis. Dans ce cas, je reviens à la friture, ou à une poêle avec un peu d’huile quand je veux alléger le geste. Le passage sous le grill colore mieux, mais je n’y ai pas retrouvé la vraie mâche que j’aime.

Après ce test, je garde le samoussa au four pour un apéro rapide, servi aussitôt, mais pas pour remplacer la friture. Si l’on accepte une base moins cassante et qu’on mange tout de suite, la version four dépanne. Pour retrouver la texture frite, mon verdict reste le même devant la plaque de ma cuisine, avec Talensac encore dans un coin de tête.

Avatar de Agathe Bacque
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