Faut-il vraiment un rice cooker dans une cuisine de famille ?

Par

Le rice cooker Tefal vibrait encore sur le plan de travail quand l’odeur de riz chaud a rempli ma cuisine. Il était 19h, mes deux enfants tournaient autour de la table, et j’avais lancé la cuisson sans surveiller l’ébullition. Le petit clic a fini par tomber, net. J’ai tout de suite compris que ce confort allait compter, mais pas sans limite. Je vais te dire dans quels cas il m’a vraiment aidée, et dans quels cas il m’a déçue.

Au départ, j’imaginais un appareil magique pour gérer les repas décalés

J’ai fini par chercher une solution simple parce que je cuisine du riz trois fois par semaine. Chez nous, le soir ne file jamais droit. Entre un devoir à relire, une veste à retrouver et un enfant qui décide que sa chaise ne lui plaît plus, le timing glisse vite. Je voulais garder le riz chaud sans rester plantée devant la casserole. J’ai appris qu’un accompagnement raté plombe tout le reste du repas, même quand la sauce est bonne.

Je suis partie d’une casserole épaisse, avec un couvercle lourd et un minuteur. J’ai aussi testé le four à basse température pour garder un fond de plat au chaud, parce que je me suis dit que ça pourrait faire le même travail. J’ai même hésité avec une cuisson vapeur, que j’utilise déjà pour les légumes. Mais à chaque fois, je retombais sur la même scène : il fallait surveiller, remuer ou ajouter un peu d’eau. Avec deux enfants, cette surveillance me fatiguait plus que la cuisson elle-même.

Ce qui m’a fait pencher vers le rice cooker, c’est la promesse du maintien au chaud sans surveillance. J’ai été convaincue le jour où j’ai vu le petit clic basculer tout seul, sans que j’aie à me demander si le fond allait attacher. J’étais sûre de moi au moment de l’achat, parce que je cherchais surtout de la régularité. Sur la cuve, la ligne de niveau gravée m’a aussi rassurée. Je n’avais pas envie d’un appareil compliqué, juste d’un truc qui tienne les soirs où tout part de travers.

La première heure, c’est un vrai soulagement, puis ça se gâte doucement

La première fois, j’ai ouvert le couvercle au bon moment et une vraie vapeur chaude m’a pris au visage. L’odeur de riz était franche, presque douce, et les grains se tenaient bien. Je n’ai pas eu à remuer une seule fois, ce qui m’a fait un drôle d’effet. J’ai été frappée par la différence avec ma casserole habituelle, où je finis toujours par soulever le couvercle trop tôt. Là, le riz se présentait tout seul, prêt à être égrené avec une fourchette.

Puis j’ai vu le revers. Le bord du riz avait durci comme une croûte de pain, et quand j’ai essayé d’en servir, ça a cassé net sous la fourchette. C’était un mardi, avec des invités qui ont pris du retard et un plat servi bien trop tard pour rester souple. Le riz avait encore l’air correct au centre, mais le pourtour avait changé de ton. J’ai été frappée par cette frontière très nette entre le cœur du plat et le bord.

Ce qui se passe me paraît assez clair maintenant. La cuve garde la chaleur, mais elle garde aussi l’humidité à l’intérieur, puis la surface finit par sécher dès que le temps passe. Le couvercle fait son travail tant qu’il reste fermé, mais dès qu’on ouvre, la vapeur s’échappe d’un coup et la texture bouge vite. La ligne de niveau aide beaucoup, parce qu’un fond trop chargé chauffe mal et un niveau trop haut donne un riz lourd. Je suis devenue très attentive à ce détail, parce que c’est là que tout se joue.

J’ai aussi compris deux choses bêtes, mais décisives. D’abord, je rince le riz jusqu’à ce que l’eau soit claire, sinon la mousse d’amidon grimpe et déborde par l’évent. Ensuite, je laisse reposer quelques minutes avant d’ouvrir et d’égrainer, parce qu’ouvrir trop tôt fait échapper la vapeur et dérègle la cuisson. Quand je verse trop d’eau, le résultat devient lourd, collant et compact. Quand je remue en cours de cuisson, je casse la texture. Le rice cooker pardonne peu sur ces points-là.

Le jour où j’ai compris que ça ne marcherait pas pour tous les repas

Un soir, des invités sont arrivés très en retard et j’avais laissé le riz en maintien au chaud. Au moment du service, le riz avait séché au point que même le chien n’en voulait plus, et j’ai dû refaire une casserole en urgence. J’ai eu beau me dire que ce n’était qu’un contretemps, le résultat parlait tout seul. Le maintien au chaud m’avait sauvée une heure, puis il m’avait laissée tomber dès que la soirée s’était étirée trop longtemps. Ce soir-là, je me suis sentie bêtement démunie devant une cuve pourtant bien remplie.

Le nettoyage m’a aussi rappelé que l’appareil prend de la place dans une cuisine. je dois laver le couvercle, le joint et l’anneau de condensation, sinon une odeur de riz tiède reste coincée là. Je l’ai senti plus d’une fois en ouvrant le couvercle le lendemain matin, et ce n’est pas un parfum que j’aime garder. Pour une petite quantité, la cuve me paraît vite disproportionnée. Si je prépare juste deux bols, je trouve le geste plus lourd que dans une casserole classique.

Le vrai doute est venu là. Est-ce que ce genre d’appareil sert vraiment à tout le monde ? Je ne le pense pas. Pour un foyer qui mange du riz un jour sur deux, la cuve familiale a du sens, parce qu’elle évite la cuisson inégale et permet plusieurs portions d’un coup. Pour un couple sans enfant, ou pour quelqu’un qui en fait une fois par semaine, l’objet prend vite de la place pour un usage trop rare. Et quand je l’oublie jusqu’au lendemain, la surface durcie me rappelle qu’il n’est pas fait pour attendre sans fin.

Si tu es comme moi, voilà pour qui ça vaut vraiment le coup, et pour qui non

POUR QUI OUI: je le garde sans hésiter pour une famille de 4 ou 5 personnes, avec des soirs où tout le monde n’arrive pas à la même minute. Je pense aussi aux foyers qui mangent du riz plusieurs fois par semaine et qui veulent un résultat régulier sans surveiller la casserole. Et je le trouve pertinent pour quelqu’un qui accepte de rincer le riz jusqu’à ce que l’eau soit claire, puis de respecter la ligne de niveau dans la cuve. Là, le confort est net.

POUR QUI NON: je le déconseille à un petit foyer de 1 ou 2 personnes qui cherche juste un accompagnement de temps en temps. Je le déconseille aussi à ceux qui laissent le repas se prolonger jusqu’au soir tard, parce que le maintien au chaud finit par sécher la surface. Et je le trouve mal adapté à une cuisine déjà encombrée, avec peu de place pour ranger un appareil. Pour ces profils-là, la casserole reste plus simple.

J’ai aussi gardé en tête mes alternatives. J’ai comparé le Tefal à un Moulinex et à un Russell Hobbs chez moi, à Nantes, avant de garder ce modèle. La casserole épaisse avec minuteur me rend encore service quand je veux une petite quantité. Le four à basse température marche pour tenir un plat au chaud pendant un court moment. La cuisson vapeur me plaît pour d’autres accompagnements, mais pas pour ce rôle-là. Je me suis faite ma propre hiérarchie, et le rice cooker n’est pas en tête partout. Il prend la première place seulement quand le riz revient au menu de façon régulière.

  • casserole épaisse + minuteur
  • four à basse température pour un court maintien
  • cuisson vapeur pour d’autres accompagnements

Mon verdict : pour qui oui, pour qui non

POUR QUI OUI : pour une famille de 4, ou pour un couple avec 2 enfants qui sert du riz 20 minutes après le reste du repas, je dis oui. Pour quelqu’un qui accepte de faire un rinçage sérieux et de servir dans l’heure qui suit, je dis aussi oui. Pour un usage à trois fois par semaine, avec une cuve assez large pour plusieurs portions, l’appareil tient sa place. Le rice cooker Tefal m’a surtout apporté de la régularité.

POUR QUI NON : pour une personne seule qui fait du riz une seule fois par semaine, je n’y vois pas un bon achat. Pour quelqu’un qui laisse le plat en maintien au chaud toute la nuit, je dis non sans hésiter, parce que la surface sèche et les bords durcissent. Pour un foyer qui manque déjà de place sur le plan de travail, je trouve l’objet trop encombrant pour le service rendu. Là, ma vieille casserole garde l’avantage.

Mon verdict : je garde le rice cooker pour les soirs où je veux du riz régulier sans surveillance, et je le réserve aux repas où la table se remplit vraiment. Pour quelqu’un qui accepte de rincer, de mesurer juste et de ne pas laisser traîner le maintien au chaud, c’est oui. Pour quelqu’un qui cherche un appareil discret, rapide à laver et oublié jusqu’au lendemain, c’est non. J’ai fini par choisir le riz calme et fiable, pas le gadget qui promet tout.

Avatar de Agathe Bacque
À la plume